La littérature s’invite en politique : l’écrivain Hervey N’goma très critique à l’égard de politiciens, à travers son poème

 

« Laissez-nous là vos harangues aventureuses. Laissez-nous, nous concentrer à ce que nous voulons pour notre Congo et pour nous-mêmes », a déclaré Hervey N’goma lors de son passage à l’émission ‘‘La plume du congolais’’ sur la radio Biso Nionso Congo Rdc (média émettant en ligne).  Intervenu pour parler du message véhiculé à travers son poème très fantastique « Kinshasa toza ba cranes », le poète répond aux questions de Fabrice Lukamba.

Bnc Radio : Depuis quand vous commencez à écrire ? Ce sentiment d’écrire, vous l’avez ressenti quand Hervey N’goma ?

Hervey N’goma : En troisième primaire. J’étais en troisième primaire, mes sœurs étaient en cinquième primaire. A la maison, elles venaient réciter souvent « A ma mère » de Camara Laye. Je leur demandais, c’est quoi ce que vous récitez ? Un jour, je suis allé voir leur maîtresse, j’ai dit, madame, mes sœurs récitent « A ma mère ». J’aime tellement, c’est quoi ? Elle me dit : « C’est un poème écrit par un Africain, un Noir ». J’ai dit, moi aussi je vais écrire… En 2001, j’ai commencé à tenter d’écrire. C’est en 2003 que j’ai écrit mon tout premier poème.

En 2001, on peut savoir, c’était quoi ?

« Tu m’as quitté ».

En tant que poète, aujourd’hui, on peut vous classer dans quel mouvement littéraire ? Hervey peut être classé dans l’avant-gardisme, le classicisme, le romantisme, l’existentialisme ou le surréalisme?

Moi je ne suis pas de ceux qui suivent les mouvements. Moi je suis de ceux qui initient les mouvements. J’ai initié un courant littéraire appelé « libre plume ». Donc, je n’ai subi l’influence d’aucune personne.

Découvrons à présent votre poème « Kinshasa toza ba cranes ». D’abord, pourquoi cette thématique et surtout en lingala ?

Pourquoi « Kinshasa toza ba cranes » ? Moi je suis de Boma, chez nous à Boma, on disait que les Kinois sont des paresseux. Quand je suis venu à Kinshasa, franchement, j’ai trouvé que c’était le contraire. Les Kinois ne sont pas de paresseux. Alors pour rendre hommage à la population kinoise dont on parle qu’elle est paresseuse, je me suis dit il faut écrire « Kinshasa toza ba cranes ». Parce que si vous sillonnez la ville de Kinshasa, vous allez voir presque tout le monde qui se met à la débrouillardise pour nouer les deux bouts du mois. Comment on peut appeler des personnes pareilles de paresseuses ? C’est injuste !

Hervey, en lisant ce poème,  j’ai vu quelque part, vous avez utilisé le mot « vaudou »

Quand on dit que chez les Béninois le « vaudou ». Vaudou, ce n’est pas pour injurier le peuple béninois, c’est juste pour faire allusion au mysticisme. Le Kinois ne compte pas sur le vaudou ni sur la sorcellerie pour subvenir à ses besoins. Le Kinois, lui, se lève le matin, crie dans les arrêts de bus, parcourt la ville pour avoir de quoi nourrir sa famille.

Dans un autre paragraphe, on voit c'est comme si vous présentez les Kinois comme étant une catégorie de la population stigmatisée ?

Personne ne peut ignorer que nous souffrons depuis le matin de l’indépendance jusqu’aujourd’hui. Donc, le peuple congolais est dans l’éternelle attente de beaux jours qui ne viennent toujours pas.

Vous dites : « Laissez-nous vos harangues aventureuses… ». Là, en quelque sorte, vous vous attaquez aux politiques ?

Si vous regardez nos télévisions, ils sont là, ils viennent chaque jour avec de beaux discours, des slogans, ainsi de suite, qu’est-ce que ça a changé dans ce pays ? Je commence même à me dire, est-ce qu’il faut encore parler de ces élections ? En tout cas, si je commence à parler la politique maintenant, j’ai tellement de remords dans mon cœur. Donc, laissez-nous là vos harangues aventureuses, nous ne voulons plus de vos discours. Laissez-nous, nous concentrer à ce que nous voulons pour notre Congo et pour nous-mêmes.

Fabrice LUKAMBA

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