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RDC: Felix TSHISEKEDI ne se ressemble pas à Étienne TSHISEKEDI

L’opposant Félix TSHISEKEDI, cinquième président de la République démocratique du Congo, a mené à son terme le combat de son père Etienne, figure historique de l’opposition congolaise après un bref passage au pouvoir dans les années 60.

Ironie de l’histoire: c’est sa propre élection qui est désormais contestée par l’opposition.

L’ombre du père décédé à Bruxelles le 1er février 2017 a plané sur la cérémonie d’investiture jeudi au palais de la Nation. « Félix n’oublie pas, papa avait dit: le peuple d’abord », ont scandé ses partisans mêlés aux officiels. « Nous avons été votre fervent adversaire politique, monsieur le président », a rappelé Félix TSHISEKEDI au chef de l’Etat sortant, Joseph Kabila, parlant de lui autant que de son père.

Son père avait défié le président Kabila en 2011 et dénoncé des fraudes lors de sa réélection. Le fils avait alors refusé de siéger à l’Assemblée nationale. C’est désormais lui, le fils, qui est accusé par une partie de l’opposition autour de Martin FAYULU d’être complice d’un « putsch électoral » organisé par M. Kabila. Le père et le fils ne se ressemble pas trait pour trait. « Étienne était têtu et fier. Félix est plus diplomate, plus conciliant, plus à l’écoute des autres », témoigne un bon connaisseur de l’opposition congolaise.

Facilement reconnaissable à sa haute taille et sa carrure massive, l’homme est en effet d’un abord courtois. Il a assumé son bref moment de faiblesse pendant son discours d’investiture, sous le poids de l’émotion, de la chaleur et aussi sans doute d’un gilet pare-balle qu’il portait à l’occasion. « Je m’en excuse auprès du président de la République et de nos distingués invités », a lancé le nouveau président qui doit encore prendre son temps pour habiter la fonction. « FATSHI » – son surnom – a fait campagne avec l’appui de la machine de guerre fondée par son père dans les années 80 contre la dictature du maréchal Mobutu, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

TSHISEKEDI fils, 55 ans, a été désigné sans surprise président et candidat de l’UDPS lors d’un congrès en avril dernier au siège historique du parti à LIMETE, l’une des 26 communes de Kinshasa. Contrairement à son père alias « le Sphinx de LIMETE », il a fait équipe avec un « ticket », l’ex-président de l’Assemblée Vital KAMERHE, également candidat sous son propre nom en 2011. Les deux hommes ont rompu en novembre un accord qu’ils avaient signé avec cinq autres opposants pour soutenir la candidature de Martin FAYULU. Versatile et hésitant, « Félix » ? Ses proches affirment qu’il n’a fait qu’écouter la « base » de l’UDPS, en colère contre l’accord.

Exil en Belgique

Né en juin 1963, Félix-Antoine TSHISEKEDI est le troisième d’une famille de cinq enfants. A l’âge de 19 ans, il suit son père relégué par Mobutu dans son village du Kasaï. Un épisode marquant pour le jeune homme. A 22 ans, « FATSHI », sa mère et ses frères prennent le chemin de l’exil en Belgique. A Bruxelles, le jeune homme fait le coup de poing contre des proches de Mobutu ou même des policiers belges, un soir de février à l’aéroport, quand son père est empêché de rentrer à Kinshasa.

Dans l’ombre de la figure paternelle, Félix gravit tous les échelons de l’UDPS. Luba du Kasaï, il est élu député national à Mbuji-Mayi en 2011. En 2015, il était au cœur des négociations secrètes qui n’avaient pas abouti avec des émissaires de Joseph Kabila à Ibiza (Espagne), Monaco, Paris et Bruxelles. Fin 2016, juste avant la mort de son père, il est encore aux avant-postes des négociations majorité/opposition sous l’égide de l’église catholique, qui allait déboucher sur l’accord de la Saint-Sylvestre reportant les élections.

TSHISEKEDI fils aurait alors refusé un poste de Premier ministre, tandis que le président Kabila se maintenait au pouvoir au-delà de la fin de son deuxième et dernier mandat. Marié, père de cinq enfants, son dossier de candidature a été validé au moment de rumeurs quant à la validité de son diplôme dans une école de commerce et de communication à Bruxelles. En cas d’alternance, M. TSHISEKEDI évoquait en août 2017 devant l’AFP « une commission vérité et réconciliation » pour demander des comptes à M. Kabila et lui permettre de rester au pays. Mais selon sa promesse, le dossier prioritaire du nouveau président est l’organisation de funérailles nationales pour son père, Étienne, décédé à Bruxelles le 1er février 2017. La dépouille du « SPHYNX » se trouve toujours en Belgique, faute d’accord pour les obsèques au pays avec le pouvoir. « Je n’aime pas en parler, c’est une souffrance. »

bienvenue ngunza

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