RDC : Grogne Sociale-Baptême de Feu Pour Félix TSHISEKEDI avec les entreprises publiques

C’est par une grogne sociale qui pourrait s’étendre sur d’autres secteurs de la vie nationale que le chef de l’Etat, Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO, entame son mandat. Tout a commencé avec des tensions survenues à l’Université de Lubumbashi dans le Haut-Katanga, avant qu’à Kinshasa la société de transport, TRANSCO, décrète un mouvement de grève qui s’est étendu à la SCPT (ex-OCPT) et à la SCTP (ex-ONATRA). Ces dossiers sont un baptême de feu qui servira de baromètre pour juger de la capacité de Félix TSHISEKEDI à gérer la RDC.

A peine investi, le chef de l’Etat, Félix TSHISEKEDI, doit faire face à une forte tension sur le front social. Tout a commencé à l’Université de Lubumbashi (UNILU), où des étudiants ont déserté les auditoires pour manifester sur le site universitaire. La manifestation des étudiants a tourné au drame, occasionnant la mort de quatre personnes, dont deux étudiants, un élève et un policier, selon le bilan officiel présenté par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur.

A Kinshasa, c’est plutôt dans le portefeuille de l’Etat que les premières tensions de l’ère Félix TSHISEKEDI sont apparues. A la TRANSCO, la société congolaise de transports, le personnel observe depuis trois jours un arrêt de travail, paralysant le transport sur une bonne partie de la capitale.

Hier mercredi, une centaine d’agents de cette entreprise du portefeuille sont allés manifester aux abords du Palais du Peuple, appelant à l’implication de la nouvelle Assemblée nationale dans la recherche des solutions à leurs revendications.

Pourtant, mardi dernier, le directeur de cabinet du chef de l’Etat, Vital KAMERHE, s’est entretenu dans son cabinet de travail avec une délégation de TRANSCO, à laquelle était également joint le banc syndical. A l’issue de cette rencontre, où on a noté la présence du ministre des Finances et son collègue du Budget, des engagements ont été pris au plus haut niveau de l’Etat pour apurer le plus rapidement les salaires des agents de TRANSCO. Il se fait qu’à ce jour, en plus des revendications salariales, le personnel exige également le limogeage de l’actuel directeur général de TRANSCO, Michel KIRUMBA.

Alors que TRANSCO reste paralysé, un mouvement de grève est aussi signalé à la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT, ex-OCPT). Depuis le lundi 28 janvier, les activités à la SCPT sont à l’arrêt. Les travailleurs réclament le paiement des arriérés de quatre mois de salaires dans la ville de Kinshasa et de plus de quinze mois en province. Comme à TRANSCO, à la SCPT, la tête de son directeur général est également mise à prix.

« C’est un mouvement de grève à durée indéterminée jusqu’à ce que nos arriérés soient payés et qu’on obtienne le départ du DG Umba », a indiqué à actualite.cd le président provincial de l’intersyndical des travailleurs de la SCPT.

Entre-temps, à la Société congolaise des transports et de ports (SCTP), un mot d’ordre de grève a été lancé pour la semaine prochaine, apprend-on dans les milieux des travailleurs de cette entreprise publique. Il faut craindre que le même vent se propage dans d’autres entreprises du portefeuille. Déjà, l’on apprend que la SONAS n’est plus loin d’entrer dans la danse. Sans compter l’administration publique où tout pourrait basculer à tout moment.

Premier test grandeur nature

Voilà la situation dans laquelle se trouve déjà le chef de l’Etat, une semaine après son entrée en fonction. Sur le front social, Félix TSHISEKEDI fait face à de fortes tensions qui marquent désormais le début de son mandat.

Alors que son cabinet n’est pas encore entièrement constitué, le chef de l’Etat s’appuie pour l’instant sur son directeur de cabinet, Vital KAMERHE. Avec ce dernier, il tente de désamorcer la bombe sur le front social. Mais, contrairement aux assurances faites mardi, aucun bus TRANSCO n’a été aperçu mercredi sur les routes de Kinshasa.

A la SCPT, c’est déjà le chaos – l’accès principal de l’entreprise ayant totalement été pris d’assaut par le personnel en colère, bloquant toute activité dans l’entreprise. Au-delà de la SCPT, c’est une bonne partie des entreprises du portefeuille de l’Etat qui pourrait tout aussi se mettre en ébullition. Autant craindre le pire.

Pour le président Félix TSHISEKEDI, la grogne sur le front social a valeur d’un test. C’est un baptême de feu pour celui qui n’a à peine qu’une semaine à la tête de la RDC.

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