Patrick Mbeko: FCC-CACH : le « deal » de la mort


Il y a environ deux mois, deux sources occidentales m’ont rapporté avoir vu le document du fameux « deal » entre le FCC et CACH. Les détails qu’elles m’ont donnés, bien entendu séparément, étaient assez identiques. Hier un ami congolais m’a donné des informations qui sont venues corroborer ce qui m’a été rapporté par mes sources européennes. Si toutes ces informations sont vraies, alors Félix Tshisekedi devra dire la vérité aussi bien à ses partisans qu’à la population. Car le contenu de cet accord, à en croire ceux qui prétendent l’avoir vu, serait extrêmement
« explosif ». En une phrase, CACH aurait tout cédé au FCC. Tout.
On parle, par exemple, d’un pouvoir exécutif bicéphale partagé non pas entre le chef de l’État et le Premier ministre, mais bien entre le Président entrant et son prédécesseur (qui va en réalité manœuvrer via le Premier ministre qu’il va désigner), à qui le premier aurait consenti d’énormes pouvoirs en échange de son « élection-nomination » dans le cadre de l’accord.
En fait, tout ce à quoi les Congolais assistent aujourd’hui n’est que la suite logique de ce qui a été décidé en secret entre le FCC et CACH. Les chancelleries occidentales sont parfaitement au courant de cela, raison pour laquelle elles se montrent assez « prudentes » envers le nouveau régime. Si l’ambassadeur des États-Unis en RDC, Mike Hammer, qui a organisé le voyage de Félix Tshisekedi à Washington, se montre assez entreprenant pour tirer le président congolais des griffes de la Kabilie, à Washington, on reste prudent. Tshisekedi fils n’a pas vraiment convaincu le département d’État. Selon un observateur européen présent à Washington, « il (Félix) montre des signes d’ouverture et de rupture avec le passé, mais sa marge de manœuvre semble très limitée ». C’est en tout cas ce que pensent les Américains, dit-il.
Même son de cloche dans certains milieux diplomatiques européens, où l’on estime que, à la différence des Yankees, « il ne faudrait pas s’impliquer de manière active auprès du nouveau Président congolais dont le pouvoir est très fragile », note un observateur averti.
Le fait est que les chancelleries occidentales, qui ont eu accès au document de l’accord, sont bien conscientes que Félix Tshisekedi a les pieds et poings liés par celui-ci. Pour le moment, les Américains ont réussi à le dissuader d’accepter la nomination d’Albert Yuma à la primature. Mais Joseph Kabila, lui, ne l’entend pas de cette oreille. Félix va-t-il résister longtemps à la pression du maître de Kingakati ? Un Kabiliste endurci de lâcher : « Est-ce que aza na choix ?» ccv
Observons tout ça de loin en buvant un bon verre de lait nsambarisé…
Patrick Mbeko

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