QUE PEUVENT BIEN CACHER CES ATTAQUES RÉPÉTÉES CONTRE LES CENTRES DE TRAITEMENT D’EBOLA DANS LE NORD KIVU?.

Les différentes attaques perpétrées depuis février 2019 contre les centres de traitement du virus Ebola à Katwa et à Butembo, ne se sont pas arrêtées depuis. Un autre centre venait d’être incendié à Beni comme vous le voyez en photo…

Les autorités de MSF semblent impuissantes devant la conjugaison de nombreux facteurs tels que l’insécurité dans la région, le manque de ressources et les manipulations des officines politiques locales. La situation s’avère donc très instable.

Et ce sont les confidences d’un ami journaliste italien qui est revenu de là il y a deux jours qui m’ont mis la puce à l’oreille sur la nature des informations fort alarmantes. Me disait-il : selon les statistiques de mercredi 1er mai dernier, sur les 1510 d’ebola cas signalés, il a été répertorié 994 cas de décès. Et il ajoutait que le pire serait à venir car il faudra prévoir un scenario de transmission continuelle et intense.

J’apprenais par la même occasion qu’il y a douze mille personnes en République Démocratique du Congo sous observation de MSF parce qu’elles pourraient être entrées en contact avec le virus.

Que devant l’ampleur d’un si grand danger de santé publique des hors-la-loi se permettent d’attaquer les quelques centres de traitement existants, recèle de nombreux soupçons et doit impérativement nous pousser à chercher les soubassements d’une telle catastrophe ? Bref, à qui profiteraient ces crimes ?

Le début de réponse à ces questions a commencé a été rendu possible grâce à l’arrestation de Sieur Katembo , le meurtrier présumé du Dr Richard Muzoko, le médecin camerounais qui travaillait infatigablement dans ce programme contre le virus Ebola. De fil en aiguille, l’interrogatoire a fini par tirer le vers du nez de ce Katembo, un ex-Mai-Mai, connu comme le cerveau moteur des attaques déjà perpétrées à Beni et à Katwa contre les équipes de santé.

Le journal online Benilubero rapporte que les confidences de cet homme ont fait comprendre qu’il travaille en service commandé sous les ordres des services de renseignements locaux qui, à leur tour, reçoivent des directives de la hiérarchie de Kinshasa. Ainsi donc, d’après les enquêtes fouillées de ce journaliste, « dans tout ce qui se passe en rapport avec la planification et l’exécution des attaques contre l’équipe de riposte à l’Ebola, l’ANR a tout simplement mis en œuvre sa technicité en vue de répondre aux préoccupations soumises par des agents “kabilistes” qui ont infiltré le ministère de Santé dans le sens qui a été décrit plus haut: organiser des actions nécessaires pour décourager les experts internationaux de l’équipe de riposte. »

Tout concourt à cette conclusion d’après laquelle nous sommes en face des actions criminelles accomplies sur base des mobiles purement politiques tenus implicites.

Comment et pourquoi l’opinion publique congolaise reste-t-elle quasi silencieuse devant des millions des compatriotes en voie d’extermination progressive à Beni et à Butembo? De nombreux officiels sur place œuvrent au vu et au su de tous comme « des agents fondamentaux de l’exécution du plan de l’extermination des Nande tel que mis sur pied par le laboratoire politique de l’ancien président Joseph Kabila ».

Une autre information qui fait froid au dos concerne la découverte dans les analyses du laboratoire de nouveaux cas d’ebola à virus non identique à la souche originelle. Déjà signalés 43 % de nouveaux cas des malades à Ebola qui n’ont absolument aucun rapport avec le virus initial habituel connu dans la région. Quelle serait l’origine de ces novelles souches en plein centre urbain ? Pour quelle raison s’affichent partout à Beni et à Butembo des tracts de nature à décourager les agents de l’OMS encore présents à côté des populations locales décidées à combattre le virus ?

Il va sans dire que sont instrumentalisés dans cette région des centaines des groupes armés et des forces négatives mais cette nouvelle interconnexion entre les massacres de populations par les ADF avec volonté de s’accaparer de leurs terres, le virus Ebola dont des organisations politico-maffieuses ne souhaitent pas l’éradication et l’ouverture d’un nouveau couloir aux immigrants rwandophones clandestins vers le Nord, assortie des déplacements massifs de plus de 60.000 autochtones congolais, peut à elle seule détenir la clef de lecture de cette violence planifiée dans le Nord Kivu et les objectifs politiques que cette dernière poursuit.

La marche de protestation organisée tout récemment à Goma par une centaine des médecins et personnel sanitaire étranger pour dénoncer l’inertie des autorités politiques locales ne sera jamais d’une grande efficacité si l’opinion publique congolaise ne prend pas à bras-le-corps cet épineux problème de sécurité nationale et n’en fait pas son cheval de bataille pour que justice soit faite et que soient neutralisés et les auteurs de ces crimes et leurs commanditaires.

Rcongonews