JUSTICE : Sylvie MANDEFO portée devant le Président de la République sur l’affaire ACCESS Bank

 Une justice bafouée et une police qui refuse d’exécuter un jugement rendu en bonne et due forme par les instances judiciaires de la RDC, parce que guidée par une main noire politique. Voilà ce à quoi tourne devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe le dossier qui oppose ACCESS Bank à une dame, avocate de profession, Sylvie Mandefo. Depuis le jugement rendu en faveur d’ACCESS Bank le 18 décembre 2018, des bâtons dans les roues se succèdent pour retarder davantage son exécution.

 

Si la décision est claire et limpide à tout point de vue, les plus hautes instances de la Police nationale congolaise de la ville de Kinshasa ont été curieusement mises à profit pour qu’ACCESS ne rentre jamais dans ses droits. Où est finalement cet Etat de droit pour lequel le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, s’est battu, jusqu’à son accession à la magistrature suprême en janvier dernier ? A quoi aura donc servi cette alternance démocratique de janvier 2019, si les vieilles habitudes de ces 18 dernières années tardent encore à s’extirper des mœurs congolaises ? Existerait-il encore en RDC une justice pour les forts et une autre pour les faibles, sans connexion politique ?


Au niveau de plus hautes instances du système judiciaire congolais, des langues tardent à se délier. On sait néanmoins que derrière cette affaire, il y a une main invisible qui régente tout. Selon des sources très proches de l’affaire, c’est celle d’un haut cadre du Front Commun pour le Congo (FCC), José Mpanda, nommé Ministre de la Recherche scientifique dans le gouvernement Ilunga Ilunkamba. Ce dernier, en outre, a juré d’user de toute son influence politique, au mépris total de l’article 149 de la Constitution, pour faire plier une banque qui a cru en ce pays pour l’accompagner dans la voie de l’émergence. Cette affaire sent le roussi. Qui pis est, c’est le climat des affaires qui est mis à mal.


Avec ce coup dur imposé au grand travail qu’entreprend le gouvernement pour donner plus de garanties juridiques et judiciaires au monde des affaires, c’est toute l’image de la RDC qui s’en trouve également ternie. Au travers de cette affaire, on se rend bien compte que la justice ne peut rien lorsque la politique a décidé de dicter sa loi. Sinon, Access Bank ne serait plus en train d’agiter ciel et terre pour rentrer dans ses droits.
Après avoir épuisé toutes les voies de recours, c’est finalement vers le chef de l’Etat – garant du bon fonctionnement des institutions – que se tourne ACCESS Bank. Dans une lettre datant du 2 septembre 2019 – dont le Potentiel a pu obtenir une copie – ACCESS Bank s’adresse directement au chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, tout en réservant copie aux différentes autorités du pays.

 

ACCESS Bank ne demande qu’une chose : protéger ses droits acquis devant la justice. Sa conclusion traduit tout le désarroi d’une banque dont on a abusé de la bonne foi. Son appel est tout aussi pathétique : « Fort de ce qui précède, nous recourons à votre autorité comme dernier rempart que nous soyons rétablis dans nos droits et que la justice de notre beau pays soit respectée ».


C’est ici l’intérêt de s’interroger dans quelle partie du monde sommes-nous, dans quelle ville vivons-nous, quelle République avons-nous ? Au chef de l’Etat de prouver enfin que l’Etat de droit reste bel et bien le leitmotiv de son combat politique. Il s’agit notamment de décourager tous ceux qui usent de leur position politique pour décourager le monde des affaires. La demande d’Access Bank est tout aussi simple, c’est-à-dire laisser la justice faire son travail sans aucune interférence politique. Ci-dessous, la lettre adressée au président de la République.

 

P.A.A

Share via