RDC : Vérité des chiffres plus de 5000 comptes bloqués des fonctionnaires fictifs !

Mais, à qui imputer la responsabilité ? Alors que les avis sont partagés, les réseaux sociaux, eux, en font leurs choux gras. Tantôt, ils attribuent certains propos malveillants à Jean-Baudouin Mayo, l’actuel VPM au Budget, contre le gouvernement sortant. Tantôt, dans une espèce d’affirmations gratuites, ils y mêlent, malencontreusement, le nom de Pierre KANGUDIA. Et, pourtant, si la découverte du pot aux roses en est peut-être arrivée-là, c’est puisqu’il s’agirait de l’aboutissement d’une opération de contrôle qui n’aurait été que la suite logique du travail amorcé, depuis plus de deux ans, par ce dernier. Le mieux à faire, recommande-t-on, c’est procéder à une enquête sérieuse et impartiale, pour rétablir les responsabilités.

 

Surtout qu’à partir d’aujourd’hui, dès l’ouverture de la nouvelle session ordinaire, les Députés Nationaux sont invités à doter le pays d’une nouvelle loi des finances. Ils ont la possibilité de s’y pencher via les mécanismes traditionnels de contrôle parlementaire. Tout comme, le gouvernement de Sylvestre Ilunga, lui-même, peut actionner les autres services attitrés, pour démanteler et traquer tous ces réseaux maffieux jusque dans leurs derniers retranchements.

 

Vérité des chiffres…

A ce stade, il importe de relever que d’après des sources croisées, l’on aurait mis la main sur 5.823 comptes bancaires régulièrement alimentés en salaire par l’Etat et qui n’appartiennent à personne.
Dans le même contexte, plus de 4.500 autres comptes qui n’ont connu aucun mouvement devraient être élagués des fichiers des services de paie, sauf s’il y a des réclamations. L’éradication de cette fraude de détournement d’argent public devrait permettre d’économiser plus de 6 millions de dollars par an, soutient-on, dans les milieux avisés.
Il s’agirait, en effet, de plusieurs milliers de comptes fictifs et restés sans mouvement bancaire durant plusieurs mois. Sur ces comptes étaient versés des salaires que personne n’a retirés pendant plusieurs mois. Les propriétaires des comptes sont-ils morts ou non informés du versement de la paie ? Toute la question est là.

Très exaspéré, Jean-Louis KAYEMBE, le Directeur Général en charge de la politique monétaire et des opérations à la Banque centrale du Congo (BCC) affirme que : « ces personnes n’existent pas et doivent donc être élaguées du fichier de paie. Ce travail a permis au trésor de réaliser des économies de près de 2 milliards 700 millions par trimestre ».

Cap sur la bancarisation

A l’en croire, ce sont des économies importantes pour le pays, mais il faut accélérer le processus de bancarisation de tous les agents de l’Etat.
Pour sa part, Jean-Baptiste NDEFU qui a pris part au contrôle, le retard profiterait aux réseaux maffieux : « Plus ça traîne, plus ces réseaux maffieux que nous avions débusqués en 2015- 2016 montent de nouvelles stratégies… ».

Sanctions ?

Ce serait une bande bien organisée et pas facile à démanteler, selon ce responsable exaspéré par le manque des poursuites contre les auteurs. « Ce qui est malheureux, poursuit ce dernier, [c’est qu’] on a établi les responsabilités, mais personne n’a été arrêtée. Nous aurions aimé qu’il y ait des sanctions, d’abord administratives, judiciaires. A partir de ce moment-là, le système se serait bloqué de lui-même».

L’étau se resserre

D’autres missions de contrôle pourraient avoir lieu dans les tout prochains mois, car selon les syndicalistes, la fraude est « bien ancrée » dans le système de paie des fonctionnaires et agents de l’Etat. Il faudrait, à tout prix, y mettre fin, s’il l’Etat congolais veut requalifier ses moyens d’action. D’où, la nécessité de resserrer l’étau autour de tous les maffieux ainsi que des tireurs des ficelles.

 

 

LPM

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