RDC : La coalition FCC-CACH, un deal ou un duel ?

En observant cette série des blocages au sein du nouveau gouvernement entre le FCC, Front commun pour Congo et le CACH, cap pour le changement, on ne s’empêche de se demander qui détient le vrai le pouvoir ?

 

  1. Depuis le mois de juillet, grâce à Wivine MUMBA de FCC, le ministère de portefeuille a bloqué l’exécution des ordonnances rendues publiques par le président de la République portant nomination des mandataires de la SNCC et Gécamines. En effet, les caciques du FCC reprochent le nouveau maitre du Congo d’avoir nommé aux entreprises stratégiques et anguleuses le président de l’Unafec, Kyungu Kumwanza au poste de PCA à la SNCC et Motomb a Mutomb Fabien comme DG, alors que du côté de la GECAMINE, Albert Yuma reconduit comme PCA et Sama Lokonde nommé DG. Or Gabriel Kyungu n’est ni membre de la coalition présidentielle (CACH), ni celle du FCC mais plutôt de l’Ensemble pour le changement. Mais surtout la machine du FCC n’est pas aussi valablement représentée à ces postes. Pour cause, les mandataires précités n’ont pas encore été notifiés par le ministère du portefeuille. Donc, Gabriel KYUNGU, président du conseil d’administration, Fabien MUTOMB, directeur général de la SNCC et SAMA LUKONDE, directeur général de la Gécamines ne sont pas encore entrés en fonction cinq mois après leur nomination par le chef de l’État.

 

  1. Après que les gouverneurs aient nommé les bourgmestres sans en avoir compétence, le ministre de l’intérieur, Gilbert KANKONDE de CACH, a haussé la voix pour s’opposer à cette violation de la loi, cependant, le ministère de la décentralisation, chapoté par AZARIAS RUBERWA du FCC, à son tour a également contredit celui-ci, tout en entêtant les bourgmestres. Par conséquent, les bourgmestres qui sont majoritairement du FCC se sont aussi rebellés contre la décision du ministre de l’intérieur.

 

  1. Ce bras de fer entre les membres de Front commun pour le Congo et le cap pour le changement s’est lucidement observé dans l’affaire de spoliation des parcelles entre Gabriel MOKIA et NGOYI KASANJI. En effet, après que le ministre des affaires foncières, Aimé SAKOMBI MOLENDO (CACH), tranche en faveur de Gabriel MOKIA dans le conflit foncier qu’il oppose avec NGOYI KASANJI ancien gouverneur du Kasaï Oriental et membre du FCC ; Célestin TUNDA YA KASENDE, vice-premier ministre de la justice (FCC), a, de son côté tranché en faveur de NGOYI KASANJI son collègue de la même famille politique contre Gabriel MOKIA proche du CACH.

 

  1. Une autre guerre amère s’observe à la MIBA où le chef de l’état tient à réhabiliter cette société. Le conseil d’administration dirigée par CACH/UDPS suspend le DG FCC conformément au droit des sociétés commerciales OHADA, le ministre du portefeuille FCC réhabilite le DG FCC suspendu et suspend le président du conseil d’administration CACH/UDPS pour le remplacer par un président du conseil d’administration FCC, KAZADI NYEMBWE.

 

En dépit de ce qui suit, il faut se demander jusqu’où ira cette guerre ? Et en quoi la population congolaise sera-t-elle bénéficiaire dans cette guerre, si ce n’est que la pauvreté, les pleurs, les tueries et autres ?  il faut croire  qu’il est temps pour la population congolaise de prendre les choses en main pour exiger le bon fonctionnement des institutions de l’Etat.

 

YVES NSIALA, ANALYSTE POLITIQUE, AUTEUR-ECRIVAIN ET JOURNALISTE

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