RDC : La Police désapprouve les Actes de Vandalisme posés lors des Manifestations Anti-MONUSCO au Nord-Kivu

Dans son adresse à la population ce week-end, la Police nationale congolaise (PNC), commissariat du Nord-Kivu, est revenue sur les récentes manifestations sanglantes contre l’insécurité en région de Beni. Des manifestations qui se sont transformées peu à peu en une furie généralisée contre les casques bleus de l’ONU dans la région.

A ce sujet, le bilan que les services de l’ordre dressent retrace essentiellement les attaques qui ont visé la police, les symboles de l’État ainsi que ceux des Nations Unies dans les villes de Beni, Butembo et Goma.Le commissariat provincial de la police regrette que les protestataires se soient écartés des revendications purement démocratiques et constitutionnelles jusqu’à en faire des actes de destruction très hostiles. « C’est avec bcp de souci que nous déplorons le comportement de certaines couches qui, au lieu de manifester par des voies démocratiques et pacifiques, s’adonnent à la destruction des infrastructures et à l’attaque contre la Police. Depuis le début, ces manifestants violents sont en train de poser des actes de vandalisme et de violence à Beni ville, Beni territoire, ville de Butembo et ville de Goma« , déplore-t-elle.

Bien plus, la police note qu’au cours de ces manifestations violentes, 2 policiers ont été abattus et d’autres blessés, des commissariats saccagés, la mairie de Beni ainsi que les installations et les engins de la Monusco visés.
« La mairie de Beni, le sous-commissariat de Mandumbi dans le territoire de Beni, le poste de police de Ma Campagne à Beni ville et le poste de police de Kibinda à Goma, ont été incendiés. 2 policiers ont été tués par les inciviques, 2 policiers rescapés en moitié égorgés et d’autres blessés par les manifestants qui étaient très hostiles et qui avaient même ravi des armes au poste de la police. Les véhicules de la Monusco ne circulent plus normalement de peur d’être caillassés, d’autres ont été endommagés et incendiés à Beni ville comme à Goma« .

En ce qui concerne la ville de Goma, la police accuse un ancien candidat aux élections de 2018, qu’elle considère comme élément moteur du soulèvement populaire dans le chef-lieu du Nord-Kivu. Des révélations accablantes de ce service de l’ordre indiquent même que des inconnus viseraient l’hôtel de ville de Goma ainsi que le gouvernorat de province. « D’autres personnes mal intentionnées et instrumentalisées, s’apprêteraient d’attaquer le gouvernorat de province, la mairie de Goma, les édifices publics, les symboles de l’Etat et d’autres postes de police sous la conduite d’un certain Bwanapuwa, candidat malheureux aux législatives 2018« .
Cependant, la police dit demeurer aux augets pour parer à toute éventualité et promet de tout faire pour réduire le regain des tensions au Nord-Kivu.

 

Il sied de noter que depuis que les tueries des civils se sont intensifiées en région de Beni, les populations autochtones sont devenues très hostiles à tout ce qu’ils croient rouler pour « les mangeurs d’hommes » dans cette partie.
La récente triste histoire est celle au cours de laquelle les habitants de la ville de Beni ont déchaîné samedi 30 novembre, leur colère sur un soldat FARDC et sa compagne.

L’après-midi du samedi, le servent Bahati Sisimbume, sa femme ainsi que leur fille de 12 ans, en direction de l’Ituri, débarquent au parking d’Oicha à Beni ville. Soupçonnés d’être des ADF par les « Beniciens », les 2 victimes seront sur-le-champ assommées par des projectiles, à l’exception de leur fille, sauvée de justesse « On n’a pas compris. Des gens en tenue civile mais avec des outils de guerre et des tenues militaires dans leur sac, pourquoi ? Pourquoi n’a-t-il pas mis sa tenue et son arme pour se faire identifier comme FARDC », s’est demandé un jeune homme rencontré sur le lieu du drame.

Cependant, le député provincial Jean-Paul Ngahangondi regrette que ces habitants s’en soient pris sur ces personnes avant qu’elles ne brandissent leur innocence.
« Le couple qui vient d’être abattu par la population au parking Nyavhya, il s’agit plutôt d’un élément FARDC du 3101 régiment qui était basé à Nziapanda et qui rejoignait son unité à Irumu, province de l’Ituri. Il était avec son épouse et son enfant. Sergent Bahati Sisimbume et sa femme viennent d’être tués innocemment par une masse folle sans conscience. Sa fille âgé de 12 ans nommée Celya Esther qui est à l’Etat-major de la PNC, reste orpheline. La justice populaire a toujours emporté les innocents en lieu et place des criminels », regrette-t-il.

D’ailleurs, dans la démarche des jeunes de trouver les mécréants, de nouveaux accrochages les opposent depuis le matin de ce dimanche 1 décembre à Oicha, chef-lieu du territoire de Beni. Des sources sur place renseignent que ceux-ci soupçonnent un hôtel local qu’ils pensent cacher l’ennemi. Au cours de tirs, un jeune manifestant, coiffeur de profession, a été atteint par balle avant de succomber à ses blessures à l’hôpital où il a été dépêché.

 

Lors de son séjour en ville de Beni, samedi 30 novembre, le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, a exhorté la population de Beni à ne pas se tromper de vue au sujet de l’auteur des massacres. Il fait allusion aux attaques qui visent les casques bleus de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix a insisté que la Monusco est plutôt dans la région pour protéger la population. Par ailleurs, il émet le vœu de voir la conjugaison des efforts entre forces armées, Monusco et civils pour mettre fin à la nébuleuse.
« Le message est qu’il ne faut pas se tromper d’ennemis. Nous, nous sommes du côté du peuple de cette région, du peuple congolais.

 

L’ennemi, c’est ceux qui attaquent et tuent la population. Ce sont ceux aussi qui attaquent ceux qui aident les habitants de cette région à lutter contre Ebola. Il faut que les partenaires avec lesquels nous travaillons tous les jours réfléchissent aussi sur la manière de travailler avec nous encore plus étroitement », a laissé entendre le numéro 2 de l’ONU.

 

 

 

Charles M. Bin KISATIRO

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