Insécurité à l’Est : Infiltrations dangereuses de Kigali et de Kampala

Au lendemain de la chute du régime du MPR- Parti Etat survenu le 17 mai 1997, des éléments provenant des Etats voisins de l’Est, du Nord, et du Sud de l’Afrique franchirent les frontières nationales avec la complicité de certains leaders nationaux conduits par feu L.D. Kabila, autoproclamé Président de la République à l’issue d’une cérémonie inhabituelle organisée dans la ville de Lubumbashi. C’était le début d’une aventure exceptionnelle et inhabituelle qui restera gravée ad vitam aeternam dans les annales de l’histoire de ce pays pourtant béni de Dieu.
Ces envahisseurs autoproclamés libérateurs du peuple congolais infiltrèrent toutes les institutions de la République et plus particulièrement les forces armées, la police et des services de sécurité. Une invasion qui n’avait rien à envier à celles perpétrées jadis par les peuples barbares de Scandinavie, de l’Extrême Orient, avec les Huns, les Kirghizes, les Tartares, les Wisigoths, etc
Ces envahisseurs se livrèrent aux tueries, massacres, viols, destructions méchantes, déplacements forcés des populations, pillages systématiques des richesses minérales et environnementales.
Un véritable génocide perpétré par ces libérateurs d’un genre nouveau provenant pourtant des Etats voisins de l’Est et du Sud. Avec un bilan macabre en termes de six millions des morts à partir du mois d’août 1998 jusqu’à la signature de l’Accord global et inclusif de paix en 2002 à Sun City, en Afrique du Sud, à l’issue des négociations politiques inter congolaises.
Parmi les points saillants de cet accord inclusif, il y a particulièrement la question de la réunification du pays et de la mise en place d’une armée nationale républicaine. Pendant deux mois, des représentants des forces sociopolitiques congolaises, toutes tendances confondues, avaient insisté sur les deux principes, à savoir le brassage et le mixage et le graissage des éléments provenant de différentes composantes sociopolitiques ayant pris part aux négociations politiques inter congolaises de Sun City.
On se retrouvera alors devant des éléments hétéroclites aux formations douteuses, tant au sein des forces armées et policières que du côté des services de sécurité civile et militaire.
Une situation qui va perdurer jusqu’à ce jour et qui commence à créer des remous au sein de la nation congolaise car constituant ce que la mythologie romaine considérait comme « le Cheval de Troie ». D’où des appels pathétiques réclamant la mise en place d’une commission chargée de Restructurer les forces armées, la police et les services de sécurité.
La recrudescence de l’insécurité dans les territoires de l’Est nécessite une véritable réforme de ce secteur vital pour le pays. Les résidus des milices populaires au service de certains leaders locaux n’ont pas encore totalement évacué le terrain car obéissant aux ordres de leurs parrains tapis dans l’ombre. L’ancien chef de guerre, le nommé Jean-Bosco Ntaganda, l’a dénoncé lors de l’instruction publique de son procès devant la Cour Pénale Internationale lde la Haye, où il vient d’être condamné et incarcéré pour des crimes de guerre et contre l’humanité commis pendant qu’il commandait des troupes en Ituri. De nationalité rwandaise, car il a opté pour plaider non pas en Swahili ni lingala mais en Kinyarwanda, sa langue maternelle, cet homme a déclaré haut et fort que c’est Kinshasa qui l’alimentait en argent, armes et munitions de guerre.

L’une des stratégies usées depuis des lustres consiste à infiltrer les forces armées et sécuritaires de l’Etat sous occupation. Les deux Etats voisins de l’Est, à savoir l’Ouganda et le Rwanda, n’ont pas dérogé à ce stratagème. Ils ont infiltré les forces armées et la police congolaise avec des éléments placés dans des secteurs stratégiques. Ils s’appuient sur certains compatriotes locuteurs du Kinyarwanda et Kiganda.
Au regard des dénonciations claironnées par des voix sociopolitiques de premier plan et pour sauver la nation, il est indispensable de dénoncer toutes les complicités nuisibles infiltrées dans les secteurs sensibles des institutions principales et stratégiques de la République. Il en va de l’avenir du pays et de sa souveraineté. De retour de Beni et Butembo pour un voyage pastoral, le Cardinal-Archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo a fait état de la présence d’éléments étrangers dans les rangs de nos forces armées et de la sécurité nationale. Leur présence constitue une menace contre l’intégrité du pays.

Il est de notoriété publique que Kigali et Kampala ont toujours lorgné vers nos richesses et leurs agents camouffles dans les institutions de la République s’y attèlent énergiquement sans gêne ni vergogne. Les Congolais sont appelés à redoubler de vigilance et de stratégie pour les décourager et leur barrer la route.

 

F.M.

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