Paris : un sit-in pour dénoncer l’insécurité et la balkanisation en RDC

A l’ occasion du 59ème anniversaire de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, les représentations politiques en France d’Ecidé (Engagement pour la Citoyenneté et le Développement) et du Nouvel Elan ont organisé, le vendredi 17 janvier, à Paris, un sit-in pour dénoncer la situation qui prévaut en République démocratique du Congo notamment les viols, les massacres dans l’Est du pays et aussi le projet de balkanisation.

 

Plus de 200 personnes ont répondu à l’appel lancé par Ecidé et Nouvel Elan, fédérations France, vendredi dernier à Paris, à côté de l’Assemblée nationale française, dans le 7ème arrondissement.

L’objectif de ce sit-in, que les organisateurs qualifient de symbolique, était de dénoncer « la situation catastrophique » que traverse la RDC et son « lot de malheurs », et ainsi alerter l’opinion internationale.

« Nous sommes là pour faire savoir à l’opinion internationale, notamment les autorités françaises que la situation en RDC devient intenable. C’est inadmissible de cautionner tout ce qui s’y passe : les viols, les massacres, le pillage des ressources minérales, le projet de balkanisation… Et cette situation dure depuis plus de deux décennies », a expliqué Albert Mukulubundu, coordonnateur du Nouvel Elan et secrétaire chargé des relations extérieures de Lamuka. Et d’ajouter avec un visage empreint de colère : « Nous constatons que la communauté internationale ferme les yeux et est indifférente à cette situation. C’est vraiment écœurant ».

 

« Où est cette communauté internationale ? Comment peut-elle rester silencieuse sur ce qui se passe en RDC ? », s’est interrogée en pleurs Jenny, une combattante. Et de poursuivre : « Les massacres, les viols… personne n’en parle, même pas les médias. Nous sommes piétinés, ignorés, oubliés, traités comme des sous-hommes. Ces gens ne nous considèrent pas. C’est le ras-le-bol ».

Les manifestants, tous en bandeau blanc sur la tête, signe de deuil et d’indignation, ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire : « Le silence sur le génocide congolais », « Pas de RDC sans Beni », « Non à la balkanisation ». Et également les photos illustrant des personnes violées ou massacrées afin d’attirer l’attention des passants et amplifier le message en faveur du changement en RDC.

 

Si la communauté internationale est interpellée sur cet état de fait, l’opinion nationale, elle aussi, est appelée à une plus grande vigilance face à la situation que traverse la RDC.

« Nous disons au peuple congolais, en l’occurrence la diaspora, de rester vigilant sur la situation actuelle au pays parce qu’il donne l’impression de ne pas trop comprendre ce qui s’y passe réellement », a dit Pitchou Shomongo, membre du mouvement « Peuple mokonzi »

 

Date symbolique

 

Pourquoi avoir choisi la date du 17 janvier pour organiser une telle manifestation ? C’est la question que tout le monde s’est posé et à laquelle les membres organisateurs ont bien voulu répondre.

« Cette date n’a pas été choisie au hasard. C’est le jour anniversaire de l’assassinat de l’ancien premier ministre de la RDC, Patrice Emery Lumumba. C’est une manifestation symbolique organisée à une date symbolique », a expliqué Jean-Jacques Ngangweshe, chargé des organisations associatives Ecidé France.

« Aujourd’hui, nous commémorons notre héros national, mais également tous ceux qui sont tombés pour l’amour de la patrie. Nous sommes tous des Lumumba », a ajouté Patrick Mbamu, coordonnateur Ecidé France.

 

Non à la balkanisation

 

La tristesse, l’amertume et la colère se lisaient sur les visages des manifestants qui n’ont eu de cesse de dénoncer, avec des slogans et des chants, le projet de balkanisation de la RDC.

« Nous disons non à la balkanisation de notre pays. Les multinationales qui soutiennent ce projet doivent savoir que le peuple congolais ne se laissera pas faire. Nous ne céderons pas aux velléités des nos voisins, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Nous nous battrons jusqu’au bout », a déclaré Marie-Claire, participante à ce sit-in.

« Aujourd’hui, le peuple congolais n’a pas son destin en main. Nous l’interpellons et nous lui disons d’être vigilant et de rester éveillé pour que le Congo ne soit pas morcelé, comme le souhaitent les ennemis de notre pays », a renchéri Pitchou Shomongo.

« Beaucoup appellent à la partition de notre pays, mais ils n’arriveront pas à concrétiser leur projet macabre. Nous y veillons. Le Congo restera un et indivisible », a conclu Dieta Kabuya, chargée de mobilisation Ecidé France.

C’est à 18h et par une déclaration sur la situation en RDC, lue par Albert Mukulubundu, que s’est achevé ce sit-in commencé à 10h, devant une présence intensive des forces de l’ordre françaises.

 

Robert Kongo, correspondant en France

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