CE JOUR-LA… 27 juillet, comme aujourd’hui…

Le 27 juillet 1998, Mzee Laurent Désiré Kabila, alors Président de la RD Congo, annonce qu’il met fin « à la présence des militaires étrangers qui nous ont assisté pendant la période de libération du Zaïre ».

Cette décision concernait, en fait, les soldats rwandais qui avaient été incorporés dans les rangs des FAC (Forces Armées Congolaises) pour aider l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) à renverser le régime de Mobutu. En juillet 1998, soit une année après la prise de Kinshasa, les militaires dépêchés par Kigali (de loin les plus nombreux parmi les renforts étrangers) se comptaient toujours par milliers sur le territoire congolais (on estime qu’environ 3000 soldats rwandais étaient encore là, dont James Kabarebe, chef d’état-major par intérim des FAC jusqu’en mi-juillet 1998, un rwandais détaché à Kinshasa au titre de la « coopération militaire »).

Dès le lendemain de cette annonce, les unités de la Garde présidentielle (composées essentiellement de katangais) et la police militaire n’avaient pas tardé à organiser le départ de leurs collègues rwandais, les escortant jusqu’à l’aéroport de N’Djili (on se rappellera encore de cette scène où James Kabarebe était aux prises avec la Garde présidentielle qui s’opposait à l’embarquement de sa Mercedes 600 dans l’avion-cargo, au motif qu’il s’agissait d’un bien acquis « illicitement » au Congo). C’est tout Kinshasa qui était en ébullition ce jour-là : les « libérateurs » d’hier étaient hués par les kinois lorsqu’ils rejoignaient l’aéroport de N’Djili.

Et 48 heures après l’ordre donné par le chef de l’Etat congolais, Kigali annonçait que ses dernières troupes stationnées en RDC étaient rentrées au bercail. Si le départ des Rwandais est une opération délicate sur le plan diplomatique, elIe va sans doute bénéficier au Président Laurent Désiré Kabila à l’intérieur du pays. Elle flatte en tout cas la fibre nationaliste des Congolais qui, depuis la prise du pouvoir par l’AFDL, manifestaient une xénophobie à peine voilée à l’égard de cette « armée d’occupation », accusant le président LD Kabila d’avoir « vendu le pays aux Tutsis ». Et c’est avec un plaisir non dissimulé que la population de Kinshasa regardera partir les rwandais qu’ils accusaient de mener un grand train de vie, et qui logeaient dans les luxueuses villas des dignitaires déchus de Mobutu et roulaient dans des 4×4 réquisitionnés.

Cinq jours après (le 2 août 1998), une nouvelle guerre était déclenchée par des forces régulières rwandaises à l’est du pays, occupant les villes d’Uvira, Bukavu et Goma. C’était le début d’une nouvelle rébellion conduite par le Rwanda, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD).

A retrouver également sur mon blog : www.babunga.alobi.cd

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Share via