COMMENT FÉLIX TSHISEKEDI A DÉJOUÉ LE PIÈGE DE LA GUERRE.

Des alertes se multiplient depuis plusieurs semaines sur la présence des troupes étrangères dans notre pays. La dernière en date porte la signature du FCC (Front Commun pour le Congo), la plateforme politique de Joseph Kabila qui a fustigé, lors de sa marche du 23 juillet 2020 à Kinshasa, une faiblesse de notre système de défense, chose qui n’existait pas à l’époque où la kabilie assumait la direction du pays.

L’attaque est étonnante parce qu’elle est surtout aveugle. Ceux qui ouvrent les hostilités connaissent bien l’histoire du pays, du moins celle du régime Afdl et néo-Afdl (Alliance des Forces Démocratique pour la Libération du Congo), et sont mal placés pour évoquer des agressions à nos frontières, présentées comme des éléments nouveaux alors qu’ils les ont léguées en héritage à leurs successeurs. Des militaires étrangers sur notre territoire ? Mais on n’a connu que cela au cours de toutes ces années. Il y en a même qui ont été appelés en renfort pour mettre fin à l’activisme des forces négatives sur le sol congolais. Faut-il rappeler que la première armée étrangère sur notre territoire est celle de l’Onu ? Vingt ans de présence sans discontinuer pour ramener la paix à l’Est du pays même si cette paix se fait encore attendre. Comment a-t-on pu diriger la RDC pendant autant d’années sans se rendre compte qu’une armée étrangère y était bien installée et que c’est grâce à cette armée que le pays n’a pas perdu le Kivu à l’époque du CNDP et du M23 ? Est-il nécessaire de rappeler le retour officiel de l’armée rwandaise sur le territoire congolais en accord avec Kinshasa pour traquer les FDLR ? Cette décision, on s’en souvient, avait pris tout le monde de court, entraînant au passage le limogeage brutal de Vital Kamerhe de la direction de l’Assemblée Nationale au motif qu’il l’avait critiquée. Comment pouvait-on faire confiance à une armée qui avait déjà envahi la RDC en 1996 et qui s’était servi de Laurent-Désiré Kabila pour traverser le Congo de l’Est à l’Ouest et du Sud au Nord, semant partout la mort et la désolation ? Après avoir traqué les Hutus sur tout le périmètre de la RDC, dirigé officiellement les FARDC et organisé le massacre des officiers ex-Faz à la base de Kitona, les Rwandais pouvaient-ils encore bénéficier d’un tel passe-droit ? Pouvait-on vraiment le leur accorder après ce qui s’était passé en août 1998 avec l’occupation du barrage d’Inga ? Non. Il faut arrêter cette campagne abjecte dont l’objectif réel est de pousser le Président de la République à la faute. Ceux qui oublient les agressions de Kahemba avec perte d’une partie du territoire, de Tshela etc, veulent voir Félix Tshisekedi appliquer des réponses irréfléchies chaque fois qu’un problème se pose à nos frontières. Ils veulent le voir affecter l’essentiel des ressources nationales à des conflits armés. Mais le Chef de l’État les a surpris. Face au problème posé par la présence militaire zambienne au Katanga, il a préféré la solution diplomatique. Loin d’être une position de faiblesse, il s’agissait de donner une leçon de maturité politique tout en prenant des dispositions nécessaires sur le terrain pour le cas où la solution privilégiée ne porterait pas des fruits. Des sources informées indiquent en effet que ceux qui ont émis le souhait de voir la RDC entrer en guerre couraient en réalité après une autre cause. Ce qui les intéressait, c’était l’embrasement du Katanga. C’est-à-dire ouvrir des fronts multiples au moment où les troupes nationales seraient occupées à guerroyer avec les occupants étrangers.

Vous cherchez les agents de la balkanisation ? Les voilà donc. Des fronts entretenus à l’Est, d’autres ouverts au Nord du Katanga et enfin le Sud qui entre en feu. Un jeu malsain, indigne de citoyens ayant assumé des responsabilités et qui devraient manifester un minimum de respect à l’égard de leurs concitoyens. Fort heureusement, rien de tout cela n’arrivera. Le conflit né de l’occupation des localités congolaises de Kibanga et Kalubamba par les troupes zambiennes ayant été tranché par la communauté des États d’Afrique Australe (SADC) en faveur de la République Démocratique du Congo, la guerre tant redoutée n’aura donc pas lieu. Le conflit prend ainsi fin sans que les armes aient parlé, sans perte en vies humaines, aussi bien civiles que militaires. L’armée va rester concentrée sur la question d’éradication des milices qui sont, on le sait, entretenues par des politiciens installés à Kinshasa.

Nous saluons cet esprit de sagesse.

@Le Phare

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