D’ ou est venu le nom Camp Kokolo????

Histoire 🇨🇩

Lieutenant-Colonel JUSTIN KOKOLO – CAMP KOKOLO [1913-1960]

Il fut un Adjudant fantassin avant l’indépendance. De la tribu Yombe. Après l’ indépendance de la RDC, le Président Kasa-Vubu le nomma comme de chef de sa sécurité rapprochée.
Justin Kokolo fut doté d’une force physique impressionnante, et un vaillant soldat. Quatre jours seulement après la proclamation de l’indépendance, soit le 4 juillet 1960, survint une mutinerie au sein de la Force publique, ce qui amènera le jeune gouvernement congolais à crée l’Armée nationale Congolaise (ANC), sous le commandement des officiers congolais.

Suite à cette décision, l’Adjudant Justin Kokolo fut promu au grade de Lieutenant-Colonel le 8 juillet 1960. En principe, en tant qu’un des anciens Adjudants congolais de la Force publique, il aurait pu occuper les fonctions de commandant en chef ou chef d’état-major de l’ANC. Mais le Président Kasa-Vubu se contenta de nommer commandant du Camp Léopold II (actuel Camp Kokolo), le 8 juillet 1960, dans la mesure où ce fut le plus grand camp des fantassins au Congo à l’époque. Il aurait fallu le placer directement dans le commandement de l’Armée. Le Président Kasa-Vubu jugea que sa position du commandant de camp suffisait et laissa la latitude au 1er Ministre Lumumba de nommer Lundula comme le commandant en chef, et Mobutu comme chef d’état-major général de l’ANC.

En juillet 1960, le Lt-Col Justin Kokolo fut dépêché en mission à Luluabourg (Kananga) et à Elisabethville (Lubumbashi) avant le début de la sécession. En guise de réaction, Moïse Tshombe lui demanda d’informer les autorités du gouvernement central de Léopoldville (Kinshasa) de ne point se rendre au Katanga, sous peine d’arrestation.

Le Lt-col Kokolo fut un officier très proche du Président Kasa-Vubu comme le fut le col Mobutu auprès du 1er Ministre Lumbumba. C’est ainsi qu’il (Kokolo) reçut la délicate mission de se rendre à l’intérieur du pays en vue de tenter de calmer les soldats hostiles au gouvernement central.

Le 21 Novembre 1960, le Lt-Col Kokolo reçut l’ordre du chef d’état-major, le col Joseph Mobutu, de dépêcher un détachement militaire à l’ambassade du Ghana à Léopoldville afin de procéder à l’expulsion de Nathaniel Welbeck, le chargé d’Affaires ad intérim du Ghana, accusé d’ingérence dans les affaires intérieures du Congo, contrairement au respect des usages et règles diplomatiques entre les Etas, et pour avoir manifester sa tendance pro-Lumumba. En fait, le diplomate Ghanéen était devenu  » un politicien congolais de nationalité Ghanéenne « .

Rappelons que c’est la dispute sur l’officialisation de la délégation congolaise envoyée à l’ONU qui fut à l’origine de ce conflit. La délégation du Président Kasa-Vubu fut conduite par le Commissaire général aux Affaires étrangères, Justin Marie Bomboko, tandis que la délégation du premier Ministre Lumumba fut conduite par Thomas Kanza.

Avant que le Lt-Col Kokolo ne se rende à l’ambassade du Ghana, le commissaire général de l’intérieur, José Nussbaumer avait reçu l’ordre de mettre en exécution la décision du Président Kas-Vubu déclarant le chargé d’Affaires a.i Ghanéen persona non grata. En réalité, il revenait au commissaire des Affaires étrangères, Justin Marie Bomboko d’exécuter ce décret. Ce dernier étant en ce moment à New-York, il revenait à son Adjoint, Ernest Kashemwa de l’exécuter. Et non au commissaire de l’intérieur !

José Nussbaumer se rendit personnellement à l’ambassade du Ghana en menaçant Nathaniel Welbeck de quitter le Congo dans 24 heures. Ce dernier ne l’entendit pas cette oreille, étant donné que le Ghana ne reconnaissait pas le gouvernement des commissaires généraux en lieu et place du gouvernement légal de Patrice Lumumba. Suites à ces menaces, l’Onu renforça la sécurité de l’ambassade du Ghana avec les troupes Tunisiennes. En face de l’ambassade du Ghana campaient les éléments de la Police militaire congolaise, commandés par Henri Ngampo.

Lorsque le Lt-Col Kokolo se rendit le 21 novembre 1960 avec 200 fantassins à l’ambassade du Ghana, il fut déterminé d’arrêter Nathaniel Welbeck, et de pénétrer dans l’enceinte de l’ambassade. Mais il avait oublié que selon les normes diplomatiques, l’ambassade du Ghana était un territoire Ghanéen, et que les troupes Ghanéennes et Tunisiennes ne pouvaient pas lui permettre d’y pénétrer. Suite à cette confusion, il y eut échange de tirs et le Lt-Col Kokolo fut atteint à la poitrine et décéda sur le champ. En guise de riposte, les troupes congolaises répliquèrent, entraînant les coups de feu durant toute la journée. Le gouvernement Ghanéen envoya le commandant en chef de leur Armée, le général Henry Alexander afin d’exfiltrer Nathaniel Welbeck. Conformément à la volonté de son gouvernement qui ne voulait pas l’effusion du sang, Nathaniel Welbeck accepta enfin de quitter le Congo.

Le décès du Colonel Kokolo avait consterné beaucoup de congolais à Léopoldville (Kinshasa), et avait par conséquent attisée l’animosité des éléments de l’ANC à l’égard de Patrice Lumumba, dans la mesure où à cette époque, les Baluba, Bangala, et Bakongo étaient majoritaires dans l’Armée.

Le 28 novembre 1960, de grandioses funérailles présidées par le Président Joseph Kasa-Vubu eurent lieu au Camp Léopold, rebaptisé le jour même CAMP COLONEL KOKOLO.

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