LES VRAIES CAUSES DU REPORT DU MINI-SOMMET DE GOMA


Tout allait changer l’image du Congo et de son président Félix-Antoine Tshisekedi au niveau sous-régional et international avec la tenue de ce mini-sommet de Goma.
Mais hélas !
Le Congo a montré encore ses limites et ses failles lorsque soudainement, malgré quelques protestations ou appels à la résignation de quelques gomatraciens, l’annonce du report a été livrée par un officiel du gouvernement congolais.
Le Congo s’attendait à recevoir les personnalités de la Sous-région (Angola, Rwanda et Ouganda) dès ce dimanche 13 septembre 2020, auquel devait se joindre le Burundi.
Ce mini-sommet venait d’être reporté pour les 3 raisons principales suivantes que nous développerons brièvement dans les lignes suivantes avant de conclure.
Ce sommet quinte partite Angola, Ouganda, RDC et Rwanda, auquel devait s’ajouter le Burundi devait se tenir à Goma entre le 09 au 14 septembre 2020 ; le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi l’avait annoncé lors du Conseil des Ministres du 04 Septembre dernier en demandant à l’équipe gouvernementale afin de disposer des moyens pour les préparatifs et autres de ce sommet qui devait prévaloir en quelque sorte sa position de leadership au niveau de la Sous-région, surtout que, déjà l’année prochaine, il remplacera le Sud-africain Cyril Ramaphosa à la Présidence de l’Union Africaine.
Ce sommet devrait être axé sur la paix et la sécurité, l’économie et les échanges commerciaux et, enfin la sante et les mesures de lutte contre la Covid-19.
La décision de son report est tombée avant-hier soir, dimanche 13 septembre lorsque les équipes d’avance du gouvernement national déployées à Goma ont plié bagage pour regagner Kinshasa.
Voici les vraies causes de ce report :
_Causes diplomatiques :
Le Burundi et le Rwanda ont posé des conditions à leurs participations.
Le premier, le Burundi de Ndayishimiye avait formulé à 3 reprises une même requête, dont les deux premières vers fin août dernier auprès de 2 envoyés spéciaux de Félix-Antoine Tshisekedi (Claude Ibalanky et Fortunat Biselele) et la dernière par une lettre datant du 08 septembre dernier adressé au ministre des Affaires étrangères Marie Ntumba Nzeza, à laquelle il exigeait au préalable un entretien avec le pouvoir de Kinshasa.
Le second, le Rwanda, a exigé du Congo de réfuter toutes les informations à l’interne comme à l’externe incriminant son pays à être à la base de l’insécurité à l’Est de la RD Congo.
L’Ouganda de Yoweri Museveni n’était pas chaud à ce sujet du fait qu’il ne digère toujours pas le rapprochement Kagame-Fatshi qui semble prendre une ampleur excessive, surtout avec la polémique provoquée par son ambassadeur Karega Vincent et la difficile prise de position du pouvoir de Fatshi face à cela ;
L’Angola de Joao Lourenço était en plein activité à l’intérieur de son pays.
_Causes organisationnelles :
Le Congo RDC n’a pas pu bien se préparer dans l’organisation de ce mini-sommet, comme d’habitude dans le chef de ce pouvoir, tout se fait sans préparation adéquate, souvenez-vous du programme de 100 jours devenu un programme de plus de 500 jours, le logement et la sécurité de ces hôtes n’étaient pas encore prêts jusqu’à la veille de ce sommet, surtout que ces derniers connaissent mieux l’insécurité incontrôlée dans cette partie du pays ; tenez les propos discours du gouverneur Carly Nzanzu Kasimvita du Nord-Kivu en rapport avec les travaux d’entretien et d’assainissement de la ville de Goma débutant la même semaine de ce sommet.
La date précise même n’était pas mieux connue au public, on nous révélait une certaine date du 09 au 14 septembre 2020.
_Causes financières :
Toujours et comme d’habitude, d’aucun n’oubliera les 2 reports (du mois d’octobre 2019 et du 24 février dernier) du Sommet des chefs d’Etat des pays signataires de l’Accord d’Addis Abeba en 2013.
Malgré que cela n’ait pas été évoqué officiellement, nous savons bien que l’impossibilité technique suite au manque des moyens financiers tenait au cou notre gouvernement malgré qu’il n’osait le faire brandir.
Bref, ce report, pour ne pas dire ce rejet d’invitation de la part de nos 4 voisins a fait chuter, une fois de plus, la position du leadership de Felix-Antoine Tshisekedi sur le plan sous-régional voire international ; nous nous demandons à présent, comment sera sa présidence au niveau de l’Union Africaine si ces prises de décisions sont toujours précipitées et sans grandes réflexions ?
Ainsi, Felix-Antoine Tshisekedi doit plus revoir la conception de sa politique vis-à-vis de sa population et au niveau international, en ce sens:

  • Primo, il doit tenir plus à ces discours et à leurs accomplissements parfaits, car la parole doit toujours être associée à l’action concrète et non à des explications subversives.
    Combien de discours a-t-il déjà prononcé qui continue à traîner dans ces tiroirs à cause de la vitesse de la parole incontrôlée face à l’état (situation) réel de la nation?
  • Secundo, il doit se préoccuper plus à résoudre les problèmes du Congo à l’interne, car nul ne viendra résoudre le problème du Congo si cela ne lui rapporte rien. Il suffit de voir comment le pays comme le Rwanda se développe pour mieux comprendre les enjeux.
  • Tertio, pour finir, il doit chercher à satisfaire les besoins de sa population pour gagner encore plus confiance de cette dernière, car 2023 s’annonce a pas pesant et moins rassurant pour lui.
    La gratuité de l’enseignement élémentaire est une bonne action nécessaire, mais elle n’est pas suffisante ; car il y a aussi la santé, le social qui doivent aussi être réglés. Beaucoup d’iront que « Paris n’a pas été construit en un jour ». Certes, ils oublient que tout se prépare avec une prévision bien tracée d’avance et non au hasard ; il n’y a aucune visée nette sur cela, même la gratuité, quant à elle, n’a pas été bien préparée et ne soyons pas surpris de voir les retombées néfastes dans d’autres secteurs (les procédures du collectif budgétaire à la place des prévisions budgétaires le témoignent déjà avec cet entretien de ce 14 septembre 2020 entre le Premier Ministre Ilunkamba et les 2 chefs du parlement congolais avant l’ouverture de la Session parlementaire de Septembre 2020). L’Etat de droit n’est qu’une illusion si l’on voit comment les manœuvres du pouvoir influent sur les décisions judiciaires, il y a encore à douter.
    Tolobi po esengelaki to loba.
    Biso toza ba fans ya soucis ya Congo, mais ya batu te.
    Ô Congo, mon beau pays !
    Le Fils du pays, Congo RDC
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