Manifestations anti-MONUSCO : La MONUSCO crache des vérités, et parle de « génocide »benilubero.com

En réaction aux manifestations pour le départ de la MONUSCO, déclenchées après plusieurs massacres à Beni, les responsables de la mission onusienne se sont entretenus avec plusieurs personnalités, des leaders communautaires et associatifs et des autorités. A Kinshasa, à Beni, à Butembo, à Goma, à Bunia. La force onusienne a tenu à donner sa part de vérité sur ce qui se passe sur terrain. Voici ce qui nous a été rapporté des sources directes :

« Ce qui se passe à Beni, ce n’est pas nous, la MONUSCO, c’est notre partenaire : votre gouvernement et votre armée. Ce qui se passe à Beni c’est un génocide.

« Nous sommes venus au Congo sur invitation de votre gouvernement, mais nous devons vous avouer que nous avons été piégés. Nous savons qui tuent à Beni, chaque fois qu’ils tuent, où est-ce qu’ils tuent et avec qui ils communiquent. Nous disposons des informations de loin plus que ce que vous connaissez et pourrons les déposer en justice si un jour l’occasion se présente. Nous avons des drones et des images satellites. Nous savons ceux qui tuent, comment ils se déplacent, où est-ce qu’ils se positionnent et chaque fois qu’ils tuent.

« Pour vous donner une idée de ce qui se passe : demandez-vous pourquoi les officiers FARDC, avec qui nous avons vaincu le M23, ont été tués dès que nous sommes arrivés avec eux à Beni. Demandez-vous pourquoi le gouvernement congolais ne veut pas se débarrasser des officiers accusés de crimes et visées par des sanctions internationales. Demandez-vous pourquoi votre gouvernement n’organise pas de deuil national.

« Dans tous les pays où nous allons en mission, et où la population est tuée, les gouvernements organisent des journées de deuil national et des actions de solidarité avec les victimes. Savez-vous pourquoi votre gouvernement ne le fait pas ? « Ce qui se passe à Beni est du pur génocide. C’est le fait de l’ancien pouvoir et son héritage, et ça se poursuit jusqu’à ces jours. Les choses risquent même d’empirer.

« Votre armée est contrôlée par des forces de l’extérieur. Nous voyons arriver à Beni des officiers et des militaires qui cachent leurs identités. Ils opèrent, puis ils disparaissent. Qui organise ces missions secrètes au sein de votre armée ?

« Nous fournissons des rations alimentaires et des carburants. Mais nous sommes surpris en découvrant ces mêmes rations entre les mains des ennemis que nous somment être en combat avec nos partenaires des FARDC. Qui fournit nos ravitaillements aux FARDC jusqu’aux forces ennemies ? Pourquoi nos partenaires des FARDC font ça ?

« Il n’y a pas que la population civile qui est tuée à Beni. Nos casques bleus tanzaniens ont, eux aussi, été tués par une force que nous considérions comme étant une ‘force amie’. Nous avons perdu des casques bleus malawites et nos ingénieurs.

« Nous avons aussi vu mourir des soldats FARDC, sacrifiés par leur propre hiérarchie. Nous avons été confrontés à des tensions au sein des FARDC qui cherchaient un affrontement militaire avec nous. Nous avons été amenés à tirer sur les auteurs des massacres, pour stopper les massacres, mais tous ces massacreurs portaient des uniformes des FARDC.

« Après vérification des cadavres, nous constatons que ce sont des soldats FARDC. Nous sommes en partenariat avec le gouvernement congolais et les FARDC sur terrain, mais nous n’arrivons pas à faire la différence entre les FARDC, force amie, et les assaillants qui massacrent la population en portant les mêmes uniformes que ceux des FARDC dans les mêmes zones opérationnelles. « Qui fournit les mêmes uniformes aux FARDC et aux auteurs des massacres ?

Ces uniformes ne viennent pas des stocks de la MONUSCO qui sont contrôlés. Demandez à votre armée : qui fournissent ces uniformes FARDC aux forces ennemies et qui, de fait, compliquent notre travail sur terrain. « Nous avons pris la mesure de la colère populaire et nous allons mettre en place de nouvelles méthodes de travail pour mener nos missions, mais vous devez aussi vous adresser à votre gouvernement. Notre mandat est de travailler en partenariat avec votre gouvernement et votre armée, mais nous sommes mis en difficulté lorsque nous sommes piégés par notre partenaire ».

Conclusion

Voilà à peu près ce qui nous a été rapporté des sources directes au contact avec les responsables de la MONUSCO à Beni, Butembo, Goma, Kinshasa. Les responsables de la MONUSCO ont avoué avoir compris l’exaspération de la population et les appels pour le départ de la mission formulés par les organisations de bases, y compris celles avec lesquels elle s’est entretenue pour leur livrer ces vérités de terrain. La question a été posée de savoir pourquoi la MONUSCO a pris contact avec Joseph Kabila.

La réponse, selon nos sources directes, est que, selon les responsables de la MONUSCO, « Kabila fait partie des responsables de ce qui se passe à Beni ». La MONUSCO a annoncé qu’elle ira aussi rencontrer Félix Tshisekedi. Au sujet du mot « génocide », les agents de la MONUSCO n’ont pas désigné un groupe ethnique, qui serait coupable. Ils ont parlé de « l’ancien pouvoir et son héritage ».

Aimé Kasereka

©️Beni-Lubero Online.

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